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MAKHNO
/ GENEVARD |
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SOPHIE
MAKHNO Versions
Originales Remasterisées |
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MAK 2003001 |
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SOPHIE MAKHNO EVIDENTE
COMPLICITE +
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2
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MAK 2003003 + MAK 2003001 |
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"DOU DA DOU" Inclus:
"OBSESSIONS 68" CD
Compilation rare: 60's / 70's |
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VAD004CD |
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LA
BARBARA QUE J'AI CONNUE "LIVRE-OBJET"
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LIVRE |
ISBN 2-9521003-0-5 |
€
20,00 Port compris |
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SOPHIE
MAKHNO |
CD |
724353681821 |
€
22,99 Port compris |
Le nouvel album de Charles Dumont "Confidentiel" est dédié à la mémoire de Sophie Makhno
Vous pouvez le commander uniquement auprès du
Secrétariat de Charles Dumont
22, rue de l'Odéon
75006 PARIS
en envoyant un chèque de 25 Euros (frais de port inclus)
*édition collector digipack*
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2007 | CHARLES DUMONT | CONFIDENTIEL - A SOPHIE MAKHNO | AUTO-PRODUIT | |
LA
CHRYSALIDE C'EST LA FEMME QUI TIENT LE MONDE (S. Makhno - Ch. Dumont) Texte J'AI 20 ANS TOUT SIMPLEMENT MAMAN (S. Makhno - Ch. Dumont) L'ENFANCE CHEVILLEE AU COEUR (S. Makhno - Ch. Dumont) Texte MA STAR ACADEMY J'AI APPRIS DE MON PERE (S. Makhno - Ch. Dumont) Texte TA CIGARETTE APRES L'AMOUR (S. Makhno - Ch. Dumont) Texte DE CORPS A COEUR / C'EST UNE TULIPE NOIRE / JE M'EN REMET A TOI / TOI LA FEMME MARIEE / LES MOTS D'AMOUR / LES AMANTS UNE CHANSON (S. Makhno - Ch. Dumont) Texte MON DIEU / NON JE NE REGRETTE RIEN MERCI (S. Makhno - Ch. Dumont) Texte |
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Samedi 19 mai 2007 dans l'émission "On n'est pas couché" en direct sur France 2, Laurent Ruquier a rendu hommage à Sophie Makhno lors d'une interview avec Pierre Perret en montrant un extrait de l'émission "Au risque de vous plaire" du 16 mai 1969 où Sophie Makhno interprétait la chanson "Teuf Teuf".
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SOPHIE MAKHNO 1935-2007C'est avec une immense tristesse que nous vous annonçons le décès de Sophie Makhno survenu le vendredi 2 mars 2007.
Ce site reste à votre disposition pour envoyer vos témoignages et messages à l'attention de
Sophie Lo, sa fille et Sylvie Bullio, sa soeur
e-mail:
sophie@sophiemakhno.com
Hommage à Sophie Makhno
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C’est avec stupeur et tristesse que nous avons appris la disparition subite de Sophie Makhno qui, à travers ses carrières multiples d’auteur, compositeur, interprète, directeur artistique, responsable de salles, agent, journaliste, a toujours été l’une de personnalités les plus prolifiques et énigmatiques de notre profession. Un artisan rigoureux et atypique de ces métiers qu’à force d’ignorer, on finit par oublier. Un auteur : cela aurait pu être un de ses titres, tant elle aimait ces mots brefs qui en disent long, savait écrire les silences autant que les aveux.
S’il fallait ici céder aux jeu des associations, forcément réductrices, on serait tenté d’écrire que Sophie, c’était Barbara, Éva, Patachou, des femmes au nom qui sonnent et résonnent en nous, et bien sûr Charles, l’ami Dumont, le compositeur-interprète qui se fit son porte-parole et donna grâce à elle ses lettres d’or à la chanson d’amour, connut son second souffle au fil de ses propres sentiments, qui parla au cœur des femmes avec des mots de femme, une bien belle idée en soi.Et si les auteurs ne laissaient derrière eux qu’un air, une mélodie ou une sensation, la sienne pourrait s’appeler "Quel joli temps", "La cigarette après l’amour", ou, plus encore, "Une femme" ou "Une chanson". Des mots simples, volés à la rue, auxquels elle redonnait vie, chair et frissons et qui nous montraient parfois le chemin du bonheur, la voie de la tendresse ou de la nostalgie. Des mots de musique, de radio et de platine qui ne seront jamais tout à fait comme les autres, parlaient de chacun à l’universel et se sont chargés sans en avoir l’air de nos souvenirs. Les mots de nos vies.
Mais Sophie était d’abord Sophie : une maîtresse femme au caractère bien trempé, à l’œil exercé et à la formule mordante, dans la vie comme dans ses couplets, qui avait fait son chemin dans des métiers d’homme, avait dirigé comme personne le Théâtre de l’Est Parisien, programmé Gainsbourg, Nougaro, Reggiani, produit chez CBS Vigneault, Béranger, Lenorman, Stephan Reggiani, et le sympathique Colin Verdier, avait su aussi bien chanter que faire chanter, et pouvait encore s’enthousiasmer comme aux premiers jours. Sa passion à faire découvrir des groupes, des artistes comme Éric Toulis et bien d’autres, en témoigna jusqu’au bout, et ce n’est pas un hasard si elle nous quitte, d’une certaine manière, en scène : elle pensait, aimait, vivait chansons.
Ses tranches de vie, états d’âme et chroniques sentimentales, n’ont pas fini de courir le long des claviers, à commencer par celui de notre cher Charles Dumont, auquel nous pensons aussi aujourd’hui.
Certains se souviendront de Françoise Marin (une jeune femme qui chantait des chansons de Pierre Perret), d'autres de Sophie Makhno, qui écrivit quelques beaux textes pour Barbara ("Sans bagages"), puis de très nombreuses chansons pour les enfants, ses proches, eux, se rappelleront Françoise Lo. Auteur, interprète, directeur artistique chez CBS, mais aussi secrétaire de Barbara, à qui elle avait d'ailleurs consacré un petit livre, Sophie Makhno a multiplié les noms, les carrières ou plutôt les métiers de la chanson, en artisan discret, en artiste opiniâtre. Elle est morte le 2 mars 2007, moins d'un an après la publication de son dernier album, Evidente complicité, où l'on retrouve, entre autres, une très belle interprétation de "Quel joli temps" (musique de Barbara) : "Quel joli temps pour se dire au revoir..."
Sophie Makhno décède brutalement à 72 ans d'une rupture de l'aorte. Une aventure de 40 années de chansons s'achève bien tristement, et hélas dans l'indifférence médiatique générale. Je suis en deuil de celle qui m'avait fait l'honneur de son amitié.
Restent ses disques, et en particulier son dernier, superbe hommage à la chanson, à ses chansons. Elle a été inhumée le 9 mars, jour de la Sainte Françoise, à Aulnay-sous-bois et repose désormais aux côtés de sa grand'mère qui aimait ses chansons.
Au revoir Sophie...
Personne n'a eu le temps de le lui dire : le 2 mars dernier, sans préavis et sans rémission, la camarde a frappé Sophie Makhno direct à l'aorte. Alors, au cimetière d'Aulnay-sous-Bois, un petit groupe de fidèles, dans une bise frisquette sous un soleil déclinant, a bravé le silence médiatique et est venu faire quelques pas en sa compagnie pour le lui murmurer quand même sur le chemin de sa dernière demeure.
Elle repose désormais aux côtés de sa grand'mère qui aimait ses chansons... Et l'écho de sa voix, de ses musiques et de ses textes nous rattrape encore quand elle les lui chante, à moins que ce ne soient ses disques immortels que nous ne pouvons nous empêcher de remettre régulièrement sur nos platines.
François BELLART - Mars 2007
La lettre des Amis de Barbara n°29 - Printemps 2007
DISPARITION SOPHIE MAKHNO
auteur, et assistante de Barbara de 1963 à 1966
«Écrire un petit bout d'histoire...» par Bernard Merle
Comme Barbara son aînée de cinq ans, comme tous [ces] passants qu'elle avait ressuscités pour elle le temps d'un texte frémissant, Françoise Lo dite Sophie Makhno s'en est allée. Brusquement, sans crier gare, dans la nuit du 1er au 2 mars. Un malaise lors d'une soirée entre amis, des complications cardiaques, une opération dont elle ne s'est pas réveillée. Et ce vendredi 9 mars, peinant à le croire, nous assistions au cimetière d'Aulnay-sous-Bois aux obsèques de celle qu'en novembre dernier nous applaudissions encore sur la scène du Connétable, à Paris. Sur sa pierre tombale : un flacon de Mitsuko, ce parfum de Guerlain que lui offrit Barbara lorsqu'elle se rencontrèrent, et auquel, sa vie durant, Sophie Makhno resta fidèle.
Une carrière de secrétaire d'artistes, puis de chanteuse jusque dans les années quatre-vingt, et, durant l'hiver 1963, la rencontre avec Barbara dont elle devient l'assistante. Cinq poèmes écrits pour le bonheur d'écrire, transmués sous les doigts de Barbara qui les met en musique, cinq perles rares : Sans bagages, Toi l'homme, Tous les passants, Les mignons et ce Septembre, aujourd'hui plus mélancolique que jamais. Puis une seconde rencontre essentielle dans sa vie d'auteur : Charles Dumont, pour lequel elle écrira plus d'une centaine de titres en quarante ans, et auquel elle redonnera un second souffle après la disparition de Piaf.
En 2002, Sophie Makhno (nom choisi par admiration pour l'anarchiste russe Nestor Makhno), qui durant de longues années avait mis entre parenthèses sa carrière de chanteuse, remonte sur scène, par goût et aussi parce que des jeunes gens «de l'âge de [sa] fille» l'y poussent. Reprise au jeu, elle écrit de nouvelles chansons, pour elle, pour le plaisir de les susurrer, comme autrefois, dans de petites salles confidentielles, auprès d'un public particulièrement attentif. Couplets aux vers tendres et brefs, la griffe Makhno. Je me fous d'avoir vieilli !, ironisait-elle dans son dernier tour de chant. Un titre dont l'humour joyeusement provocateur résumait sa conception hédoniste de l'existence.
L'année suivante elle publiait un livre rare, comme elle, franc et direct, La Barbara que j'ai connue. Accompagné de photos de Barbara prises entre 1964 et 1966 par le photographe Jean-Louis Dumont, il répondait à cette affirmation jamais vraiment élucidée de la chanteuse «Je sais que tu ne m'aimes pas» et s'achevait par celle tout aussi forte de Sophie Makhno : «J'ai oeuvré, en dépit de tout, à l'éclosion de Barbara». Jacques Chirac, par une lettre datée du 17 février 2004, tint lui-même à la féliciter «pour cet hommage pudique à la Dame brune». La Barbara que j'ai connue était aussi le titre d'un texte que Sophie rédigea pour notre première exposition Barbara, en 2001 à Paris, et qui aujourd'hui, agrandi, se promène un peu partout en France au gré de nouvelles présentations.
Comme Barbara dans son enfance, et comme notre ami Valentin, qui très souvent la croisait dans ce quartier, Sophie Makhno résidait depuis de nombreuses années non loin du square des Batignolles, dans le XVIIème arrondissement. Au printemps 2001, Valentin rédige pour notre Lettre des Amis de Barbara n°5 un article saluant l'arrivée de Sophie parmi les membres d'honneur de notre association. Le 9 novembre celle-ci est, avec Alain Wodrascka, auteur de Barbara, n'avoir que sa vérité, et Jean-François Fontana, collectionneur auteur du livret d'accompagnement de l'intégrale 1992, l'invitée d'une rencontre organisée par «Les Amis de Barbara» à la mairie du XVIIème arrondissement. Dans la salle, un auditeur attentif, Claude Serf, le plus jeune frère de Barbara.
Mais en novembre 2002, cinquième anniversaire de la disparition de Barbara, la revue Platine publie sur six pages un long entretien avec Sophie Makhno. Aux questions sans détours de Jean-Pierre Pasqualini, l'auteure des Mignons répond avec abondance et spontanéité. Elle raconte ses trois années vécues auprès de Barbara, brosse un portrait intense de la femme qu'elle a connue, sans en éluder les «difficultés d'être». L'article dérange. Devant ces réactions d'incompréhension, Sophie Makhno choisit de renoncer à son poste de membre d'honneur. Pourtant, précisait-elle, si «l'être humain m'a déçue, jamais l'artiste, ni sur disque, ni sur scène». En 2004, elle ira même jusqu'à écrire dans l'article Personnalité de son site Internet : «Merci à Barbara d'avoir vécu dans l'inconfort et d'avoir offert ses zones d'ombre à tous ceux à qui ses chansons ont tenu lieu de refuge et de réconfort. Merci à tous ceux qui tiennent à conserver leur acuité, voire leur mal de vivre, pour nous en faire des bouquets.»
Le temps a passé. Valentin, comme nombre d'entre nous, a gardé toute son estime et son amitié pour cette femme vraie - l'ancienne petite fille, peut-être, de Sans bagages, «qui cachait ses chagrins dans les jardins perdus», quelque part du côté de la maison natale d'Aulnay-sous-Bois. Celle qui fit dire à Charles Dumont «Une chanson, c'est trois fois rien une chanson» lui aura consacré la part la plus sensible de son activité. Et c'est finalement dans l'histoire de la Chanson, «sans avoir eu le temps d'y croire, pas même le temps d'y songer», que Sophie Makhno vient bel et bien d'entrer.
«Quel joli temps pour se dire au revoir...» par Valentin
9 mars 2007... La nuit comme une trêve fraîche se pose sur Aulnay rendue aux lumières douces des réverbères. Les arbres nus, au long des rues bleu-noir, apaisent, ainsi qu'en une froide et précoce soirée de printemps. Enfin la nuit... Enfin la fin de ce jour morne et glacial, tout rayé de pluie, de soleil et de larmes. C'est aujourd'hui qu'on a mis Sophie Makhno dedans la terre.
À l'issue d'un pareil jour, certains, ne sachant plus que dire, se montrent plus vains que jamais en paroles ; d'autres, lourds de silence, se taisent... ; Proust écrit les pages les plus poignantes du Temps perdu... ; un homme de pouvoir, nostalgique (cela leur arrive) décide que le monde peut bien disparaître...
Et moi... que saurais-je dire d'autre que cette halte, figée, sur le seuil de ma Rue des Dames, soudain conscient que c'est pour toujours que je ne la croiserai plus, là. Sophie passant, comme une "Colette" matinale et songeuse, son petit chien en laisse. Curieuse, attentive, mais le front empli de pensées... Affairée, toujours, mais au tempo lent d'une modération pleine de sagesse. Occupée, toujours, mais avec un air de vacance... Et toujours disponible pour un brin de causette, une confidence, un conseil ou une précipitation citadine impolie qu'elle tançait plaisamment d'un éclat dru d'ironie au coin de son oeil brun. Disponible, malgré la visite programmée à l'imprimeur de la rue Biot, la répétition avec les musiciens, le prochain disque, un article, un départ... Disponible, pour un rire, une moquerie, deux bises dans le matin froid, un verre sur le zinc, un déjeuner à l'Escapade sur le boulevard des Batignolles, une semonce amicale.
Celle qui m'intimidait et s'en amusait, secrètement timide, celle dont le rire semblait dans le même temps châtier et absoudre en moi tout ce qui n'y était pas assez sérieux, assez organisé, assez déterminé, celle qui avait vécu tant de temps magiques, qui me parlait de Barbara - de ce temps où elles furent amies - comme d'une visiteuse palpitante, virevoltante, à la tendresse capricieuse de qui l'on pardonnait - presque - tout... Celle qui m'entretenait du scandale des vins frelatés et des bijoux de cornaline, des beignets de fleurs de courgettes cueillies dans son jardin du Vaucluse et d'une reprise de Septembre en duo avec Charles Dumont, de sa fille Sophie et de tout ce qu'elle aimait, de tout ce qui la révoltait, celle-là s'en est allée comme une amie étourdie qui s'est trompée de porte en vous rendant visite avant de partir en voyage... Absente, tout à coup, l'amie très fidèle dont le départ suffoque brusquement. Puisque c'était bien l'amitié, solide, discrète, de noble extraction qui se révélait, qui se construisait à travers ces mots échangés, ces mots écrits.
Lasse secrètement, l'amie Makhno ? C'est là un des nombreux mystères qu'elle emporte avec elle, fière à son habitude et close à peu près sur une tendresse malmenée qu'elle ne laissait plus ébranler qu'à coup sûr, et à laquelle elle imposait parfois une allure un peu bourrue en guise de fragile rempart. Partie pour toujours comme on sort un instant, laissant la prochaine lettre, le prochain coup de fil, le disque prochain à jamais suspendus. Que la rue des Dames et la rue Truffaut, sans vous, Dame Makhno, me semblent désertées !
Quel adieu sans logique, Sophie, quel coeur lourd, là, au croisement de nos simples chemins quotidiens ! Quel triste chant solitaire d'un oiseau des Batignolles, ce soir... Et quelle banale et vaine colère contre mes timidités, mes atermoiements, mes reculs confrontés à un "plus jamais" qui m'enserre la gorge.
Au chapitre du coeur, de son coeur de femme et de chanteuse et de mère et d'auteur de chansons, qu'il me soit permis de citer sa fille Sophie Lo - sa fille, son amie, sa collaboratrice, sa tendresse, sa fierté, son amour : "Il y a, confiait-elle au milieu de ses larmes sans s'empêcher de sourire de tendresse, il y a Maman qui s'en va, et il y a Sophie Makhno, qui m'emm... ! ". Sa fille encore qui parle avec une rage froide de ce "fonds" magnifique de chansons célébrées autour d'elle, et de la tristesse de sa mère de ne pas parvenir à en vivre... De la reconnaissance souvent tardive, toujours grinçante. Sa fille Sophie qui, en guise d'hommage, jure de garder "vivant" le site Internet de sa mère, Françoise Lo dite Sophie Makhno. Qu'elle soit ici assurée, livrée au pire chagrin, de toujours trouver au sein des "Amis de Barbara" l'écoute attentive à son travail de mémoire, et l'écho de notre infinie tendresse.
Valentin, comédien, concepteur du spectacle D'un barbare à l'autre longtemps présenté à Paris, au cours duquel il recréait de façon particulièrement saisissante, par la voix et l'apparence physique, Barbara en scène.
TÉMOIGNAGESJ'ai appris avec tristesse la disparition de Sophie Makhno. J'ai eu la chance de la rencontrer en juin 2005 pour une interview pour Le petit format (n° 79 paru en septembre 2005). C'était dans un café, nous avons parlé pendant deux heures de sa vie, sa riche carrière, sa rencontre avec Barbara bien sûr et ces années passées avec elle, et aussi Charles Dumont à qui elle a donné plusieurs chansons, et d'autres. J'ai été la voir à l'Essaïon pour un récital où elle a repris entre autres Les mignons, chanson qu 'elle avait écrite avec Barbara.
Elle m'apparut comme quelqu'un d'une grande simplicité et aussi d'une grande intelligence. Elle connaissait bien le métier (elle a été directrice artistique chez CBS longtemps) et faisait partie d'une autre époque mais elle portait un regard bienveillant sur la nouvelle génération (ce qui n 'est pas courant). Elle m'avait fait une gentille dédicace sur son livre La Barbara que j'ai connue.
J'aurais aimé connaître mieux cette femme. Parmi les nombreux auteurs de chansons et "gens du métier" que j'ai rencontrés, que ce soit à la radio ou à l'extérieur, Sophie Makhno sera un de mes plus jolis souvenirs. A-t-elle la place qu'elle mérite dans les diverses anthologies et autres dictionnaires de la chanson ? J'en doute. J'écoutais ce matin (le hasard fait joliment les choses) la chanson "Quel joli temps pour se dire au revoir... ", par Jean-Claude Pascal, en regardant le soleil se lever sur les toits de Paris. Quelle magnifique chanson ! 'Leurs chansons courent encore dans les rues ..."
Ivan-Claude Perey, journaliste, producteur à Radio-France
C'est avec stupeur que j'apprends la mort de Sophie Makhno. C'est une femme que j'appréciais beaucoup et qui m'avait beaucoup aidé pour mon livre sur Barbara, et aussi pour celui sur Ferrât et celui sur Reggiani.
Jean-Dominique Brierre, journaliste, biographe, membre d'honneur de l'association "Les Amis de Barbara"
Celle qui sublima si bien la femme et l'amour vient de nous quitter à l'âge de 72 ans, emportée par une crise cardiaque. Elle, qui signa bon nombre de textes pour Charles Dumont, va beaucoup nous manquer.
Bernard Marchois, Secrétaire de l'association «Les Amis d'Edith Piaf»
L'auteur fétiche de Charles Dumont n'aura guère écrit que pour des hommes : Jean-Claude Pascal, Gérard Lenorman, Claude Vinci... Deux exceptions : Eva et Barbara. Dans un recueil inédit de souvenirs, Si je chante aujourd'hui Grand-Mère, Sophie Makhno évoque les rencontres entre son aïeule, une femme au caractère «bien trempé» (chantée par ailleurs dans sa chanson Grand-Mère), et ses protégées, aux surnoms particulièrement éloquents... de transparence !
«Pour commencer, j'avais été «Secrétaire d'artistes». Ça c'est comme l'enseignement, une vocation plutôt qu'un métier. Grand-Mère regardait avec suspicion mes comédiens, mes chanteurs, ma «Walkyrie» et ma «Diva». Ma Walkyrie, souvent seule avec ses problèmes, venait quelquefois avec moi dans ma banlieue natale. Elle déjeunait, un dimanche, en famille (la mienne), et Grand-Mère mi-figue, mi-raisin :
- Heureusement que ma Mère n'a pas vécu assez
longtemps pour voir ça. Une prussienne à sa table, elle
ne l'aurait pas supporté. Enfin, tout change.
La Walkyrie avait l'esprit d'en rire de bon coeur, et nous n'entrions pas plus avant dans son arbre généalogique, qui eût plongé Grand-Mère dans une certaine perplexité.
La Diva, elle, avait fait la quasi-conquête de Grand-Mère, car elle ne supportait pas qu'un être vivant, quel qu'il fût, prétendît échapper à sa séduction. Elle aurait séduit le chat, s'il ne lui avait pas tellement ressemblé. Mais le chat la mettait mal à l'aise, et elle le pinçait à l'occasion, comme une gamine. [...] Avec Grand-Mère, la chanson, c'était comme le pain et le vin, naturel et nécessaire.»
Sophie Makhno : Si je chante aujourd'hui Grand-Mère. Inédit, 2002. Avec l'aimable autorisation de Sophie Lo.
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Dessin inédit de Pierre Billon (c.1968)